Le Centre-Fresneau

Chez nous, la star c'est lui !!!

"Cadeau" de l'usine locale principalement pour les familles de ses salariés, le complexe sportif du "Centre-Fresneau" est devenu au fil des années une véritable aubaine pour la petite commune de Saint-Léger-des-Vignes qui en fit son principal joyau et qui aujourd'hui joue un rôle dans la Cité Léogartienne dépassant de loin le cadre du sport. 
Du Verre Royal au Cuir ovale...

 

Créées avant la Révolution Française en 1724 par le Neversois Bernard de Borniol et initialement situées sur l'emplacement actuel de l'école maternelle de la commune, les Verreries de Saint-Léger-des-Vignes obtiennent les Lettres Patentes de Louis XV, Roi de France, le 29 Mai 1725 au nom de "Verrerie et Cristaux".

C'est en 1838 à l'initiative de la Compagnie des Mines de La Machine que des nouveaux locaux sont construits à proximité du barrage sur la Loire.

Relancée sous la direction des frères Farge, la société est rachetée en 1869 par la compagnie Schneider qui la cède dix ans plus tard à la famille Clamamus. Le commerce de vin alors en plein essor, les verreries de Saint-Léger se modernisent et se spécialisent dans la production de bouteilles pour le nectar des vignes. Sa production sert au commerce du Champagne mais également à celui du Bordeaux et emploie alors 200 ouvriers. En 1901, l'usine Nivernaise est absorbée par les Verreries Champenoises situées à Reims. Mais durant la première guerre mondiale, la "Cité des Rois" est assiégée et une partie de la production de bouteilles pour le Sud de la France est alors délocalisée à Saint-Léger-des-Vignes.

Après l'Armistice du 11 Novembre 1918, l'usine de Reims est reconstruite et entièrement automatisée. La production regagne son lieu initial et la production léogartienne baisse progressivement avec les effets conjugués de la crise internationale ainsi que la prohibition  de l'alcool aux Etats-Unis (Grand consommateur de Champagne) qui eurent  finalement raison, par le jeu des ricochets, de l'usine nivernaise qui cessa son activité le 30 Novembre 1931​ et sera le théâtre d'une rude bataille sociale.

En dépit du projet de réinstallation d'une usine d'engrais qui ne verra finalement jamais le jour, le site des Verreries de Saint-Léger sera laissé à l'abandon durant 10 ans, jusqu'à ce qu'un grand groupe industriel français lui voit un avenir sportif... 

"L'un des plus beaux stades de France..."

Rachetés en 1945 par l'usine de caoutchouc "KLÉBER-COLOMBES" fraîchement installée à Decize, les bâtiments de l'ancienne verrerie ainsi que ses terrains adjacents vont prendre l'usage que l'on connait aujourd'hui. Par le biais de  son organe, la Société Industrielle et Immobilière de Decize (S.I.I.D), chargée de loger les cadres et les ouvriers, la firme de pneumatique décide que le bâtiment principal de la verrerie serait consolidé et aménagé pour accueillir diverses activités sportives, médicales et culturelles ouvertes en priorité aux ouvriers de l'usine Kléber-Colombes et à leurs enfants. Remodelés en gymnase, bureau de médecine et bains-douches (à une époque où la plupart des logements ne disposaient pas de salle de bain), ces bâtiments trouvent une utilité aussi bien quotidienne qu'exceptionnelle (Arbre de Noël ou comité d'entreprise). Les terrains entre l'ancienne verrerie et la voie de chemin de fer, où étaient entreposés 80 000m3 de terre et de déchets de verre, sont transformés en stade. Comme pour mieux rappeler à qui l'on doit cette oeuvre, on décide de lui donner le nom d'un ingénieur du roi de France envoyé en mission en Guyane et qui découvrit à cette occasion les propriétés de la gomme de l'arbre "Hévé", matière première servant au caoutchouc, Monsieur François Fresneau de la Gataudière (1703-1770). Le Centre-Fresneau est né...

Ainsi équipé par ce que le Journal du Centre qualifie alors de "Paradis terrestre construit par Kléber-Colombes", l'usine locale et son directeur M. BOYER, principal instigateur de ce projet colossal, ne peuvent laisser cet outil sans locataire. C'est la raison pour laquelle, "Kléber-Colombes" crée un club omnisports l'ESPÉRANCE SAINT-LÉGER-DES-VIGNES qui compte à sa création en 1946 deux sections : la Gymnastique et l'Athlétisme. Très vite des autres disciplines viennent garnir les rangs de l'ESL avec plus ou moins de succès.  Subsistent aujourd'hui en plus des deux originelles celles de la Boxe, du Judo, du Tennis de table, d'Escalade et Rugby.

Le Complexe du Centre-Fresneau est officiellement inauguré en grandes pompes le 7 octobre 1951. Un événement alors couvert par un correspondant de presse plutôt dithyrambique à l'égard de l'écrin Léogartien le qualifiant de figurer parmi "les plus beaux stade de France". Pour l'occasion, un grand meeting d'athlétisme est organisé avec la présence de deux champions olympiques, le Belge Gaston Reiff (5000m au JO de Londres en 1948) et le Jamaïcain Arthur Wint (400m à ces mêmes JO de Londres en 1948) en plus des  quelques uns des meilleurs athlètes européens. Pour l'ensemble de son oeuvre, Monsieur BOYER, président-directeur-général de "Kléber-Colombes DECIZE" recevra le prix  de "Meilleur Patron Sportif de France" en 1951. 

Année après année, les compétitions d'athlétisme se suivent sur la seule piste en cendrée du département : championnats de la Nièvre, challenges Kléber-Colombes, compétitions inter-départementales, etc...

Le Centre Fresneau est doté de tribunes, creusées à flanc de coteau, qui peuvent réunir 3000 spectateurs. Le stade est d'abord destiné aux rencontres de football et au club avoisinant de l'A.S. Decize  pour des matches amicaux face à des clubs anglais et luxembourgeois. En 1955, en 16e de Coupe de France, Quevilly et Draguignan ne parviennent pas à se départager et le match est perturbé par une averse de neige. Le Centre-Fresneau dans sa configuration "football" sera au fil des ans et des 1er Mai le théâtre de rencontres amicales entre équipes plus ou moins huppées de la scène nationale (Red Star de Paris, A.S. Brest, A.S Strasbourg, Nîmes et le S.C.O.Angers) ou internationale (B.C. Augsburg, Scunthorpe United et le S.S.V. Reutlingen). Des affiches qui prendront définitivement le chemin du Stade des Halles de Decize après la réfection de ce dernier. Dès lors, le stade du Centre-Fresneau devient le domaine réservé de l'ESL Rugby.

Mais cantonner le complexe sportif sud-nivernais à sa seule vocation sportive serait trop réducteur​ pour celui qui devient le principal atout de la commune.

"Mêlée" Sport et culture

Au moment de son acquisition et alors que le Centre-Fresneau n'était qu'à l'état de projet, "Kléber-Colombes" souhaitait créer un lieu qui aurait pour vocation de mêler sport et culture.  Le second volet ne sera donc pas mis de côté au profit du premier... bien au contraire.  

Durant les vingt premières années de son existence, l'enceinte accueillera surtout des pièces de théâtre de troupes locales (dont une fondée par l'abbé GLENCROSS!!!) et des projections de films. Les mélomanes ne seront pas non plus en reste avec les multiples concert de la native de Decize, la musicienne et compositrice d'Edith Piaf, Marguerite Monnot.

Espace de partage et de connaissance au sein de la commune, la grande salle de réception du Centre-Frenseau abrite également de 1956 à 1978 diverses projections de diapositives ainsi que des conférences dans le cadre des  "Connaissance du Monde", incitant les Léogartiens au voyage et à l'évasion  à travers les témoignages de  Roger Frison-Roche et Jacques Arthaud (la Laponie), Francis Mazière (les Iles du Pacifique), Christian Zuber (les Iles Galapagos) mais également de l'alpiniste français, Maurice-Herzog, employé et égérie du groupe Kléber, qui séjourna à Saint-Léger-des-Vignes donnant à un quartier de la ville nivernaise le nom du plus beau sommet  à son actif : l'Anapurna.

Même si au fil du temps, le Centre-Fresneau s'est petit à petit consacré à sa partie sportive, il reste un lieu privilégié pour accueillir les manifestations de la commune (Défilé du bi-centenaire de la Révolution Française en 1989 ou les festivités de l'An 2000) et un lieu très prisé par les écoliers et les jeunes enfants.

Un tel espace se devait donc être la propriété de tous...

SELLA que ça se passe...

Depuis la création de l'ESL Rugby, quelques une des personnalités du monde ovale sont venues au Centre-Fresneau.

Les plus mémorables d'entre-elles restent celles des agennais vice-champions du monde 1987, Dominique ERBANI et Daniel DUBROCA (capitaine puis sélectionneur du XV de France) mais aussi et surtout celle de Philippe SELLA (2eme accroupi à droite), un des meilleurs 3/4 centre de l'Histoire de ce sport, égérie LeeCooper, recordman français de sélections (111), qui enfila même ce 26 Avril 1989 la tunique Léogartienne. Un honneur pour l'ESL!!!

Le "Centre", coeur de la Ville...

 

Bien consciente du potentiel de son écrin sportif, la municipalité de Robert Billoué, émet le souhait de l'acquérir en 1983 auprès de son propriétaire "Kléber-Decize" qui vient de passer sous pavillon "Michelin". Au terme des deux ans de négociation, Kléber cède le stade à la commune pour la somme de 920 000 Francs tout en continuant de subventionner l'ESL Omnisports. Dans le même temps, la ville de Saint-Léger-des-Vignes  souhaite rafraîchir son bijou et prévoit  450 000 Francs pour la rénovation des locaux et du Stade, elle émet un emprunt de 960000 francs. Le budget communal d'investissement est de 1,6 M de francs en cette année 1985.​ Une deuxième tranche de travaux est lancée en mai 1987 : la commune finance 370000 francs ; les subventions départementales s'élèvent à 800000 francs. La piste et les aires de saut sont refaites en revêtement synthétique. Un nouvel éclairage est installé autour du stade.

L'architecte local Debeaumarché établit les plans d'un nouveau bâtiment, destiné à l'hébergement des groupes : sportifs, scolaires, jeunes en séjours linguistiques. Les travaux sont achevés en juin 1990.

L'année suivante, une couverture partielle des gradins est réalisée sur les plans de l'architecte Thierry Hébert.

En Mars 2006, on donnent l'acronyme CASTELL (Centre d'Accueil Sportif, Touristique, Éducatif et de Loisirs Léogartien) comme nom au Complexe rénové du Centre-Fresneau qui dispose de nombreux arguments pour l'accueil de groupe (stade, la piste synthétique de 400 mètres, et les aires de saut et de lancer,4  vestiaires, la salle de gymnastique avec praticables, ring de boxe, salle de judo, salle de tennis de table, bâtiment d'hébergement de 50 places, un hall d'accueil et des salles de services.

En 2017, dans l'aspiration de son club de rugby auréolé d'un titre de champion de France, l'écrin léogartien devient lui-même bijou. 500 sièges aux couleurs du club son installés permettant un meilleur accueil, une seconde buvette est créée, les portes et fenêtres de l'ancien Centre-Fresneau sont remplacées, des escaliers permettent l'accès au terrain, des supports sont montés partout dans le stade pour offrir aux annonceurs plus de visibilité... Les avancées sont considérables et ouvrent vers de nouvelles perspectives. Le Stade vit désormais avec son temps!!!

 

Voué à l'abandon et lieu maudit dans les heures les plus sombres de la commune quand cette dernière vivait au rythme des deux fours de sa verrerie bientôt éteints, l'espace du Centre-Fresneau a finalement réussit sa mue pour redevenir le centre névralgique et le coeur de Saint Léger-des-Vignes.

Un coeur qui bat désormais aux exploits de ses sportifs, parés d'Orange et de Bleu, comme jadis la firme au pneus, bienfaitrice à ses heures prospères, qui fit du Centre-Fresneau un lieu dont la ville peut être fière. 

Sources et crédits photos-vidéos : P.Volut : "Histoires de Decize", Archives ESL Rugby, P.Savre,  ESL TV.

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